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Réunion des Musées nationaux - Grand Palais - Catalogue des collections
Musée national du Moyen Age, Thermes et Hôtel de Cluny, Paris

Les catalogues raisonnés

Sculptures des XIe-XIIIe siècle - Collections du musée de Cluny

Paris

Cl. 11656

Clef de voûte : masque feuillu

Paris, vers 1280-1290

Calcaire
L. 42 ; Pr. 41,5 ; Ép. 18 cm


Historique

Chantiers de Saint-Denis. Attribuée au musée de Cluny en 1887.

Études et restaurations

Dépose par Georges-Louis Barthe en 1995. Restauration par Hubert Boursier en 1996.


Commentaire

Dans un octogone aux bords concaves se développent huit larges feuilles de chêne, qui viennent se fondre dans un visage barbu, aux rides marquées, au nez épaté, aux yeux largement écarquillés et aux paupières creusées, la bouche ouverte en un cri sur des dents soigneusement dessinées. La restauration d’Hubert Boursier en 1996 a montré que le revers lisse était dû à une restauration antérieure qui avait séparé le masque de son support. Il paraît dès lors plus probable, contrairement à ce que suggérait Pierre-Yves Le Pogam, Paris, 1996, qu’il s’agit bien ici d’une clef de voûte retravaillée plutôt que d’un élément de gâble ou d’arcature aveugle. Le succès de l’image du masque feuillu, figure grimaçante surgissant d’un décor végétal, va croissant dans la deuxième moitié du xiiie siècle, comme l’a par ailleurs bien montré Pierre-Yves Le Pogam, 2007, tant dans les carnets de modèles que dans les réalisations effectives. Par-delà la signification infernale, c’est aussi un moyen de varier le goût dominant pour le décor architectural végétal en lui donnant un aspect fantastique qu’il faut probablement rapprocher de l’essor, à la même époque, des représentations de géants et d’homme sauvages mêlant, eux aussi, flore et dangerosité anthropomorphe.

Si l’origine exacte de ce masque est inconnue, il convient de suivre l’opinion de Pierre-Yves Le Pogam, Paris, 1996, sur l’origine probablement parisienne de l’œuvre. Par-delà l’argument de sa présence dans les Chantiers de Saint-Denis et celui du succès de cette iconographie dans la capitale (par exemple Cl. 18693), le travail du visage, notamment celui des yeux et des ridules de part et d’autre de la bouche, rappelle clairement l’art parisien, à la fois élégant et naturaliste, du dernier quart du siècle, avant les bouleversements liés au chantier de Poissy.


Bibliographie

  • Edmond Haraucourt et François de Montrémy, Musée des Thermes et de l’hôtel de Cluny. Catalogue général, t. I, La pierre, le marbre et l’albâtre, Paris, Musées nationaux, 1922, no 226.
  • Anne Pingeot, La Sculpture décorative sur pierre de 1137 à 1314 déposée au musée de Cluny, thèse de doctorat, École du Louvre, dactylographié, 1974, p. 101.
  • Pierre-Yves Le Pogam, « Le thème de la “tête de feuilles” aux iiie et xive siècles : l’humanisme gothique à l’épreuve », dans Geneviève Bresc-Bautier, Françoise Baron et Pierre-Yves Le Pogam (éd.), La Sculpture en Occident. Études offertes à Jean-René Gaborit, Paris, Éd. Faton, 2007, p. 33-45.

Expositions

  • Un trésor gothique : La Châsse de Nivelles, Paris, musée de Cluny, 1996, no 5.
  • L’Art au temps des rois maudits. Philippe le Bel et ses fils, 1285-1328, Paris, Galeries nationales du Grand Palais, 1998, no 6.
  • L’Île de France médiévale, exposition itinérante, 2001.
  • Masques, Paris, musée d’Orsay, 2008.
  • Paris, ville rayonnante, Paris, musée de Cluny, 2010, no 108.

Index

Désignation : Clef de voûte
Matière : Calcaire
Technique : Sculpture
Motifs décoratifs : Chêne ; Masque feuillu
Période : 4e quart du XIIIe siècle


Permalien pour cette notice

http://www.sculpturesmedievales-cluny.fr/notices/notice.php?id=8



Xavier Dectot

© Réunion des musées nationaux – Grand Palais, 2011 ; mise à jour : mai 2016

Catalogue