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Réunion des Musées nationaux - Grand Palais - Catalogue des collections
Musée national du Moyen Age, Thermes et Hôtel de Cluny, Paris

Les catalogues raisonnés

Sculptures des XIe-XIIIe siècle - Collections du musée de Cluny

Faux et copies

Cl. 23313

Vierge à l’Enfant

Saxe, xixe siècle (?)

Buis
H. 13 ; L. 9 ; Pr. 8 cm


Historique

Ancienne collection Kahn et Salman.

Études et restaurations

Analyse du bois par Élisabeth Ravaud pour le Laboratoire de recherche des musées de France en 1997.


Commentaire

La Vierge se tient assise, la tête ronde ceinte d’une couronne ou plutôt d’un simple bandeau retenant le voile qui tombe en arrière de ses oreilles sur sa nuque. Le front bombé surplombe deux yeux relativement petits, aux paupières gonflées, de part et d’autre d’un nez droit et d’une bouche particulièrement étroite. Elle est vêtue d’un manteau et d’une longue robe qui tombent en se confondant presque en longs plis serrés et étroits sur son corps, soulignant savamment chacun des mouvements de celui-ci. Sa main gauche est passée sous la taille de son Fils dont elle relève presque brutalement la tête de sa main droite aux doigts longs et effilés. L’Enfant porte une robe au drapé comparable d’où surgit un pied légèrement contorsionné qui vient s’appuyer entre les genoux de sa Mère.

Quoique ayant perdu sa polychromie et présentant quelques fentes, l’œuvre est dans un état de conservation relativement bon. Robert Suckale a, le premier, souligné ses parentés avec le travail de l’ivoire en Angleterre, mais aussi avec celui de la tombe d’Henri le Lion et de son épouse Mathilde à la cathédrale de Brunswick. Néanmoins, la question de son authenticité a très vite été posée, et celle-ci s’est trouvée renforcée lorsque l’analyse du bois a démontré qu’elle était taillée dans du buis (buxus sempervirens). Ce dernier n’est en effet véritablement utilisé en sculpture qu’à partir du xive siècle et même, de manière importante, qu’au xvie siècle. Du coup, malgré la diversité des bois sculptés dans l’Europe du début du xiiie siècle avant l’organisation des métiers jurés, et bien que buxus sempervirens, au contraire de buxus balearica, soit une plante endogène à l’ensemble de l’Europe continentale, il nous semble difficile de continuer à croire à l’authenticité de cette œuvre.


Bibliographie

  • Robert Suckale, « Zur Bedeutung Englands fur die welfische Skulptur um 1200 », dans Jochen Luckhardt et Franz Niehoff (dir.), Heinrich der Löwe und seine Zeit. Herrschaft und Repräsentation der Welfen, Munich, Hirmer, 1995, p. 440-451.
  • Willibald Sauerländer, « Zur Stiftertumba für Heinrich den Löwen und Herzogin Mathilde in St. Blasius in Braunschweig », dans Joachim Ehlers et Dietrich Koetzsche (dir.), Der Welfenschatz und sein Umkreis, Mayence, P. von Zabem, 1998, p. 467-468.

Exposition

  • Heinrich der Löwe und seine Zeit. Herrschaft und Repräsentation der Welfen 1125-1235, Braunschweig, 1995, no G 116.

Index

Désignation : Ronde-bosse
Matière : Buis
Technique : Sculpture
Sujet iconographique : Vierge à l’Enfant
Période : XIXe siècle


Permalien pour cette notice

http://www.sculpturesmedievales-cluny.fr/notices/notice.php?id=753



Xavier Dectot

© Réunion des musées nationaux – Grand Palais, 2011 ; mise à jour : mai 2016

Catalogue