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Réunion des Musées nationaux - Grand Palais - Catalogue des collections
Musée national du Moyen Age, Thermes et Hôtel de Cluny, Paris

Les catalogues raisonnés

Sculptures des XIe-XIIIe siècle - Collections du musée de Cluny

Notre-Dame de Paris, portail Sainte-Anne

Cl. 18658 (Cl. 1513) et Cl. 22890

Saint Pierre

Paris, Notre-Dame, vers 1145

Calcaire (liais parisien)
H. 122 ; L. 40 ; Pr. 31 cm
H. 26 ; L. 10 ; Pr. 15 cm


Historique

Provient de l’ébrasement gauche du portail Sainte-Anne de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Déposé sous la Révolution par Varin.
Cl. 18658 : découvert en 1839 rue de la Santé, où il servait de borne. Attribué au musée de Cluny en 1843. Inventorié en 1844, réinventorié en 1912. Déposé au département des Sculptures du musée du Louvre de 1964 à 1977.
Cl. 22890 : découvert en 1977 à l’hôtel Moreau, 20, rue de la Chaussée-d’Antin (9e arrondissement). Don Banque française du commerce extérieur, 1980.


Commentaire

Mutilé à la Révolution par Bazin et déposé par Varin, le fragment Cl. 18658 fut, à une date indéterminée, enfoncé en terre, avec d’autres statues de Notre-Dame, rue de la Santé, le long du mur de clôture qui ceinturait le marché au charbon. Ces statues furent remarquées par Albert Lenoir, qui les fit déterrer avec l’aide du préfet Rambuteau. Dès leur publication dans le rapport de Lavillegille, Longpérier et Gilbert, ce fragment fut identifié comme provenant d’une des statues-colonnes de l’ébrasement gauche du portail Sainte-Anne, représentant saint Pierre.

Ce fragment correspond à la partie inférieure du corps, du niveau des hanches à l’amorce des pieds. Le bord dextre de la statue semble avoir été découpé, et la retombée du manteau est perdue.

Quant au fragment Cl. 22890, découvert lors des fouilles de l’hôtel Moreau, il correspond au bras gauche. Celui-ci est enveloppé dans le manteau, dont les plis sont, pour la partie conservée, orientés vers un même point situé au-delà, en bas et à droite.

Statue et colonne sont taillées dans un même bloc de pierre. La qualité de la sculpture est remarquable. Les plis sont acérés, presque coupants, retombant en larges courbes sur la hanche droite, moulant la forme du corps. Sur la face, ils suivent la position verticale du corps pour s’évaser largement au niveau des pieds. Sur le côté dextre, en revanche, les plis sont plus calmes, plus larges, formant de grandes vagues.


Bibliographie

  • Bernard de Montfaucon, Les Monuments de la monarchie françoise qui comprennent l’histoire de France, 5 vol., Paris, J.-M. Gandouin et P.-F. Giffart, 1729-1733, vol. 1, pl. VIII.
  • Arthur Nouail de Lavillegille, Adrien de Longpérier et Gilbert, « Rapport sur les statues du Moyen Âge découvertes à Paris, rue de la Santé en décembre 1839 », Mémoires et dissertations sur les antiquités nationales et étrangères publiés par la Société royale des antiquaires de France, t. XV, 1840, p. 364-369.
  • Edmond Du Sommerard, Musée des Thermes et de l’hôtel de Cluny. Catalogue et description des objets d’art de l’Antiquité, du Moyen Âge et de la Renaissance, Paris, Hôtel de Cluny, 1883, no 74, p. 6.
  • Whilhelm Vöge, Die Anfänge des monumentalen Stiles im Mittelalter, Strasbourg, J.H.E Heitz, 1894, p. 135.
  • Edmond Haraucourt et François de Montrémy, Musée des Thermes et de l’hôtel de Cluny. Catalogue général, t. I, La pierre, le marbre et l’albâtre, Paris, Musées nationaux, 1922, no 89.
  • André Lapeyre, Des façades occidentales de Saint-Denis aux portails de Laon, Paris, chez l’auteur, 1960, p. 147.
  • Jacques Thirion, « Les plus anciennes sculptures de Notre-Dame de Paris », Comptes-rendus des séances de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, 1970, p. 85.
  • Willibald Sauerländer, La Sculpture gothique en France, Paris, Flammarion, 1972, p. 85.
  • François Giscard d’Estaing, Alain Erlande-Brandenburg et Michel Fleury, Les Rois retrouvés, Paris, J. Cuénot, 1977, p. 27.
  • Alain Erlande-Brandenburg et Dieter Kimpel, « La statuaire de Notre-Dame de Paris avant les destructions révolutionnaires », Bulletin monumental, t. 136 III, 1978, p. 216.
  • Alain Erlande-Brandenburg, « Les sculptures de Notre-Dame de Paris découvertes en 1839 », Revue du Louvre, 1979, p. 84.
  • Alain Erlande-Brandenburg et Dominique Thibaudat, Les Sculptures de Notre-Dame de Paris au musée de Cluny, Paris, RMN, 1982, nos 2 et 3, p. 20-21.
  • Alain Erlande-Brandenburg, Dany Sandron et Pierre-Yves Le Pogam, Musée national du Moyen Âge. Guide des collections, Paris, Réunion des musées nationaux, 1993, p. 121-122.
  • Jacques Thirion, « Le portail Sainte-Anne à Notre-Dame de Paris », Cahiers de la Rotonde, t. 22, 2000, p. 23 et fig. 38.
  • Fabienne Joubert, La Sculpture gothique en France : xiie-xiiie siècles, Paris, Picard, 2008, p. 61.
  • Xavier Dectot, Musée national du Moyen Âge – Thermes de Cluny, Catalogue, Sculptures des xie-xiie siècles. Roman et premier art gothique, Paris, RMN, 2005, no 76.

Expositions

  • Cathédrales, Paris, musée du Louvre, 1962, no 10.
  • Sculptures from Notre-Dame, New York, Metropolitan Museum of Art, 1979 – Cleveland, Cleveland Museum of Fine Arts, 1980, no 2.
  • Западноевропейское декоративное искусство ix-xvi веков из собраний музеев Лувра и Клюни, Léningrad, Musée de l’Ermitage, Moscou, musée Pouchkine, 1980, no 1.

Index

Désignation : Statue-colonne
Matière : Calcaire lutétien
Technique : Sculpture
Sujets iconographiques : Saint Pierre ; Saint Pierre apôtre
Période : 2e quart du XIIe siècle


Permalien pour cette notice

http://www.sculpturesmedievales-cluny.fr/notices/notice.php?id=1076



Xavier Dectot

© Réunion des musées nationaux – Grand Palais, 2011 ; mise à jour : mai 2016

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