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Réunion des Musées nationaux - Grand Palais - Catalogue des collections
Musée national du Moyen Age, Thermes et Hôtel de Cluny, Paris

Les catalogues raisonnés

Sculptures des XIe-XIIIe siècle - Collections du musée de Cluny

Chypre

Cl. 18842 (Cl. 2282;Cl. 12782)

Dalle funéraire de Brocard de Charpignie

Chypre, 4e quart du xiiie siècle

Marbre schisteux gravé
H. 217 ; L. 71 ; Pr. 19 cm


Inscription

BROCARDUS:D[E]:[C]HARPIGN[I]E:M[IL]ES:[P ou FR?][ATE]R:P[ETRI PA]PH[I]EN[SIS]:EPISCOPI:CU[JU]S:ANIM[A RE]QUIESCAT:IN PACE:AM[EN]


Historique

Provient de la Nouvelle Paphos (actuelle Bafo, Chypre). Trouvée dans une ancienne église en 1844. Achetée en 1850 par F. de Saulcy à Cesare Mattei, antiquaire à Larnaca. Collection Édouard Delessert. Donnée par Delessert au musée de Cluny en 1852. Inventoriée en 1852, en 1891, puis en 1912.

Études et restaurations

Analyse de la pierre par C. Jaton et G. Orial pour le laboratoire de recherche des Monuments historiques en 1975.


Commentaire

Taillée dans une colonne antique de marbre noir, comme le prouve la courbure des côtés, la dalle, particulièrement épaisse, présente une arcature trilobée, dont la partie supérieure a disparu, reposant sur deux colonnettes aux chapiteaux décorés de feuilles assez sommaires. Le défunt est représenté en tenue militaire, revêtu d’un haubert, la poitrine couverte d’un surcot retenu par trois agrafes, la tête coiffée par un casque qui paraît surdimensionné. Les mains jointes, il se tient debout sur deux poissons aux queues repliées en volutes. Devant lui se tient un large bouclier à ses armes (champ pointillé, chargé de trois losanges en fasce), le couvrant des hanches aux genoux, une lance le long de la colonnette à dextre, l’épée manifestement passée dans le ceinturon. Seuls en dépassent le pommeau, marqué d’une croix, et l’extrémité du fourreau, décorée d’une fleur de lys et d’un trilobe. L’inscription, en partie mutilée, court le long des colonnettes.

Si l’identité de l’évêque dont Brocard de Charpigny était le frère est longtemps restée dans l’ombre, Dany Sandron, 1988, a établi que deux évêques de la Nouvelle Paphos s’étaient prénommés Pierre et pouvaient être celui mentionné sur la dalle, d’après la transcription de Guilhermy qui permet de reconstituer l’épitaphe : le premier, chancelier des Lusignan, est mentionné en 1271, le second meurt avant 1302. Il est difficile de faire intervenir un argument stylistique pour préciser la datation, tant la chronologie absolue des dalles chypriotes, clairement inspirées de l’art funéraire du monde occidental, reste floue. Deux éléments peuvent cependant être notés : d’une part le fait que l’évêque de la Nouvelle Paphos semble encore en activité (aucun qualificatif du type de quondam n’est utilisé), et, d’autre part, l’emploi du surcot, dont c’est, comme le notait Dany Sandron, l’une des plus anciennes représentations. Il paraît dès lors plus prudent d’attribuer cette dalle à un membre de la famille du second évêque Pierre et aux dernières années du xiiie siècle, plutôt qu’aux années 1270 où est connu le premier.


Bibliographie

  • fol. 469v et 497.
  • p. 394.
  • no 795.
  • p. 89.
  • p. 160.
  • .
  • .
  • p. 219.

Index

Désignations : Dalle funéraire ; Tombeau
Matière : Marbre schisteux
Technique : Gravure
Sujet iconographique : Chevalier
Période : 4e quart du XIIIe siècle


Permalien pour cette notice

http://www.sculpturesmedievales-cluny.fr/notices/notice.php?id=105



Xavier Dectot

© Réunion des musées nationaux – Grand Palais, 2011 ; mise à jour : mai 2016

Catalogue