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Réunion des Musées nationaux - Grand Palais - Catalogue des collections
Musée national du Moyen Age, Thermes et Hôtel de Cluny, Paris

Les catalogues raisonnés

Sculptures des XIe-XIIIe siècle - Collections du musée de Cluny

Notre-Dame de Paris, portail central

Cl. 18657

Torse d’apôtre

Paris, vers 1210

Calcaire lutétien sculpté
H. 96 ; L. 63 ; Pr. 40 cm


Historique

Provient des ébrasements du bras sud du transept de Notre-Dame de Paris. Mutilé et déposé en 1793. Trouvé en 1839 rue de la Santé à Paris. Dépôt lapidaire de la Ville de Paris. Affecté au musée de Cluny en 1843 puis inventorié en 1844 puis en 1912.


Commentaire

De la sculpture d’origine ne subsiste plus que le torse, coupé à la naissance du cou à senestre, sous l’épaule à dextre, et au niveau des hanches en parties basses. Au revers se voit encore la trace d’arrachement de la colonne sur laquelle elle s’appuyait. Le personnage est vêtu d’un ample manteau ceinturé autour de l’abdomen, ramené en écharpe sur l’épaule, dont un pan est porté par le bras gauche et retombe sur une robe. Les deux mains ont disparu, mais il subsiste, à dextre, la trace de trois tenons et d’un trou qui retenaient un objet porté dans la main droite. Tant le manteau que la robe se déploient en une succession de plis serrés, profonds et froissés qui dissimulent complètement le corps. Seule la forme du bras droit est sensible sous la robe dont le tissu est rendu de façon très légère, à peine froissé en bas relief.

Même si très peu d’autres éléments des statues-colonnes du portail central sont parvenus jusqu’à nous, les comparaisons avec les éléments contemporains du linteau (Cl. 18643 c et d et RF 998) ainsi qu’avec l’apôtre acéphale du musée Carnavalet (AP 154, Willesme, 1979, no 88) ne laissent guère de doutes sur la provenance de ce fragment : on y retrouve cette même approche du drapé qui, sans atteindre véritablement au drapé mouillé que goûtèrent les sculpteurs des bras du transept de la cathédrale de Chartres, ne recherche pas moins un effet sensiblement équivalent de creusement du volume et d’animation du vêtement. Dès lors, l’identification du personnage représenté ne pose guère de problème, les ébrasements du portail central étant consacrés aux douze apôtres, sans cependant qu’il soit possible d’identifier précisément duquel de ces apôtres il s’agit ici.


Bibliographie

  • Arthur Nouail de Lavillegille, Adrien de Longpérier et Gilbert, « Rapport sur les statues du Moyen Âge découvertes à Paris, rue de la Santé en décembre 1839 », Mémoires et dissertations sur les antiquités nationales et étrangères publiés par la Société royale des antiquaires de France, t. XV, 1840, p. 364-369.
  • Willibald Sauerländer, « Die kunstgeschichtliche Stellung der Westportale von Notre-Dame in Paris. Ein Beitrag zur Genesis des hochgotischen Stiles in der französischen Skulptur », Marburger Jahrbuch fûr Kunstwissenschaft, t. 17, 1959, p. 1-56.
  • Willibald Sauerländer, La Sculpture gothique en France, Paris, Flammarion, 1972, p. 133.
  • Alain Erlande-Brandenburg, « Les sculptures de Notre-Dame de Paris découvertes en 1839 », Revue du Louvre, 1979, no 42.

Expositions

  • Notre-Dame-de-Paris. Il ritorno dei re, Florence, Santa Maria Novella, 1980.
  • Paris, ville rayonnante, Paris, musée de Cluny, 2010, no 118.

Index

Désignation : Statue-colonne
Matière : Calcaire lutétien
Technique : Sculpture
Sujet iconographique : Apôtre
Période : 1er quart du XIIIe siècle


Permalien pour cette notice

http://www.sculpturesmedievales-cluny.fr/notices/notice.php?id=63



Xavier Dectot

© Réunion des musées nationaux – Grand Palais, 2011 ; mise à jour : mai 2016

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